Inégalités sociales de santé : Description du projet

 

Titre : La mesure des inégalités sociales de santé : au-delà de la description, le soutien à l'intervention
 
 
Description du projet
 
La relation entre la santé et les inégalités sociales est maintenant largement reconnue par les responsables de la santé des populations, que ce soit par la Direction de santé publique de Montréal, par l’Agence de santé publique du Canada ou par la Direction de santé publique du Québec. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a récemment publié les conclusions de la Commission sur les déterminants sociaux de la santé, on les retrouve sur leur site Internet résumé ainsi : « Les déterminants sociaux de la santé sont les circonstances dans lesquelles les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent ainsi que les systèmes mis en place pour faire face à la maladie. Ces circonstances qui reflètent des choix politiques dépendent de la répartition du pouvoir, de l'argent et des ressources à tous les niveaux, mondial, national et local. Les déterminants sociaux de la santé sont l'une des principales causes des inégalités en santé, c'est-à-dire des écarts injustes et importants que l'on enregistre au sein d'un même pays ou entre les différents pays du monde. »  Le Québec ne dispose cependant pas d’une stratégie de surveillance des inégalités sociales de santé (ISS), laquelle mesurerait les inégalités de conditions de vie (habitudes de vie, conditions de vie et de travail, position socioéconomique, insécurité financière, environnement physique et bâti) et les inégalités par rapport aux moyens de prévention et de remédiation.  Une telle stratégie est particulièrement importante au niveau local, puisque les Centres de santé et de services sociaux (CSSS) assument de lourdes responsabilités en termes de santé sur leur territoire sans avoir toutes les données permettant de déceler les disparités entre les sous-groupes. Les données sur les sous-populations sont souvent inexistantes, en raison d’échantillons insuffisants. Or, la surveillance des ISS devrait permettre de cibler les sous-groupes les plus vulnérables.
 
 
Objectifs
 
  1. Concevoir une stratégie québécoise de surveillance des ISS qui permette de fonder des interventions locales et sociétales efficaces pour réduire les ISS et de faire le suivi des effets de ces interventions;   
  2. Proposer un ensemble d’indicateurs pour mesurer les ISS.
     
  
Méthodologie
 
  1. Création du cadre conceptuel; 
  2. Recensions des écrits sur les ISS et les déterminants sociaux de santé dans sept domaines (maladies chroniques, santé mentale, santé au travail, développement des enfants, maladies infectieuses, ethnicité et accès aux soins de santé), de même que sur les indicateurs déjà utilisés ou souhaitables pour mesurer les ISS dans ces sept domaines;  
  3. Opérationnalisation des indicateurs recensés en fonction du cadre conceptuel; 
  4. Partant des recensions, sélection commentée d’indicateurs de santé pour chaque domaine et d’indicateurs socio-économiques; identification de sources de données possibles et de méthodes de calcul pour les indicateurs retenus; 
  5. Présentation de la stratégie à l’ensemble des CSSS et des directions de santé publique (DSP) de même qu’aux acteurs gouvernementaux pour transférer les connaissances et bonifier le modèle; 
  6. Formulation de recommandations quant à l’expansion des systèmes de surveillance existants pour mieux documenter l’évolution des ISS, incluant les aspects éthiques, méthodologiques et de formation.
     
 
Résultats
 
Cette stratégie privilégiera une perspective longitudinale qui inclut des indicateurs correspondant à des périodes critiques du cycle de vie, elle tentera aussi de mettre en lumière les disparités à l’échelle locale, tout en affinant la compréhension des phénomènes économiques et de leurs impacts et, finalement, elle rendra possible les comparaisons interprovinciales. Les indicateurs choisis devront être « durables » en termes de coûts et de faisabilité. Trois tableaux de bord « pilotes » seront produits, le premier à l’échelle québécoise, le deuxième pour la Direction de santé publique de Montréal (DSPM) et le troisième pour un Centre affilié universitaire (CAU) qui dessert de grandes populations immigrantes et défavorisées. Nous produirons aussi un guide pour la génération de tableaux de bord en régions semi-urbaines et éloignées. 
 
  
Financement 
 
Cette recherche est financée par le Fonds de recherche sur la société et la culture du Québec.